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Acheter une maison ancienne : comment vérifier la charpente avant de signer ?
Le dossier de diagnostics dit peu de chose de la charpente. Ce que vous pouvez regarder vous-même pendant la visite, ce qu’il faut demander au vendeur, et quand faire venir un pro.
La maison vous plaît, le prix est discuté, le compromis approche. Personne n’est monté au grenier, et le dossier de diagnostics ne dit presque rien de la charpente. Vous avez pourtant plus de moyens de vérifier qu’on ne le croit, et c’est avant de signer qu’ils servent.
Ce que le dossier de vente vous apprend, et ce qu’il tait
- L’état termites n’est obligatoire que si la commune est dans une zone délimitée par arrêté préfectoral. Il doit dater de moins de six mois.
- L’information sur la mérule n’est exigée que dans les zones délimitées pour ce champignon.
- Aucun document obligatoire ne parle des capricornes ni des vrillettes. Seul l’état parasitaire, facultatif, les recherche.
Le détail de ces documents est dans diagnostic termites ou état parasitaire.
Ce que vous pouvez regarder vous-même
Demandez à monter aux combles et à descendre à la cave. Une lampe de poche et un tournevis suffisent.
Cinq endroits à regarder pendant une visite : là où l’eau entre, et là où le bois touche la maçonnerie.
- De la rue, regardez le faîtage — la ligne du sommet du toit. Un faîtage qui ondule ou un versant qui se creuse signale une charpente qui a bougé.
- Sous la toiture, cherchez les traces d’eau : auréoles sombres sous les noues — les angles rentrants où deux pans se rejoignent —, autour de la cheminée et des fenêtres de toit.
- Aux pieds de charpente, là où les bois reposent sur les murs : c’est l’endroit le plus humide et le plus souvent attaqué. Appuyez le tournevis. Un bois dur rassure, un bois qui s’enfonce non.
- À la cave, regardez les abouts de solives scellés dans les murs, et sentez l’air : une odeur de champignon, un feutre blanc ou une poussière rouille méritent un avis.
- Au bas des murs, dans une commune touchée par les termites, cherchez des cordonnets : de petits tunnels de terre plaqués sur la maçonnerie.
Des trous dans les poutres ne sont pas une raison de fuir : la plupart des charpentes anciennes portent les traces d’attaques éteintes depuis longtemps. Ce qui compte est de savoir si elles sont anciennes ou encore actives, et si le bois reste solide.
Ce qu’il faut demander au vendeur
- Les factures d’un traitement passé, avec le nom de l’entreprise, le produit et la date.
- Le certificat de garantie de ce traitement, et si l’engagement de l’entreprise vaut pour un nouveau propriétaire : c’est à vérifier auprès d’elle.
- Les dégâts des eaux et réparations de toiture connus.
- Une déclaration de termites ou de mérule faite en mairie, le cas échéant.
Quand faire venir un professionnel
Si la visite laisse un doute, faites établir un état parasitaire ou faites visiter la charpente par une entreprise de traitement ou un charpentier, avec l’accord du vendeur. Mieux vaut le faire avant le compromis. Une fois celui-ci signé, l’acheteur particulier dispose d’un délai de rétractation de dix jours (article L271-1 du Code de la construction et de l’habitation), souvent trop court pour organiser une visite. Le notaire peut aussi vous conseiller sur une clause adaptée au compromis.
Sachez enfin qu’un vendeur particulier peut exclure la garantie des vices cachés, sauf s’il connaissait le problème (article 1643 du Code civil), et sauf pour les termites en zone délimitée s’il n’a pas fourni d’état en règle. Ce que vous n’avez pas vu avant la vente peut être difficile à faire valoir après.
À retenir
Lisez le dossier en sachant ce qu’il ne couvre pas. Pendant la visite, regardez le faîtage, les traces d’eau, les pieds de charpente et la cave, tournevis en main. Demandez les factures d’anciens traitements. Au moindre doute, faites venir un professionnel avant de signer le compromis.