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Mérule : est-elle dangereuse pour la santé, et comment la traiter ?

Le champignon n’est pas reconnu comme toxique, l’humidité qui le nourrit est une autre affaire. Ce que disent les sources, et les étapes d’un traitement qui tient.

Vous avez trouvé de la mérule — le champignon qui dévore le bois des maisons humides — et, avant la charpente, vous pensez à ceux qui vivent là : les enfants, un proche asthmatique, la chambre juste à côté. Deux questions, donc : est-ce dangereux pour la santé ? Et comment s’en débarrasser pour de bon ?

Pour la santé : ce que disent les sources

  • L’Institut national de santé publique du Québec a passé en revue la littérature scientifique (rapport du 1er décembre 2015). Sa conclusion : la mérule ne peut pas être considérée comme un champignon pathogène, infectieux ou toxique pour l’humain. Les études sur les allergies sont très peu nombreuses et ne permettent pas de conclure.
  • Certains services de l’État, comme la DREAL de Normandie, mentionnent tout de même un risque d’allergie quand elle se développe dans une pièce à vivre.
  • Surtout, un logement où pousse la mérule est un logement humide, où d’autres moisissures prolifèrent presque toujours. Selon ce même rapport, ce sont elles, et l’humidité, qui expliquent le plus souvent les symptômes des occupants. L’Anses a consacré un avis aux moisissures dans le bâti (juin 2016) et les associe à des troubles respiratoires, dont l’asthme.

En pratique : si quelqu’un tousse, a le nez qui coule ou un asthme qui s’aggrave, parlez-en à un médecin. En attendant le traitement, aérez chaque jour, fermez la porte de la pièce atteinte, et n’y faites pas dormir un enfant. Le risque le plus sérieux reste celui du bâtiment : un plancher ou une poutre qui cède.

Pourquoi elle est apparue

La mérule ne s’installe que dans un bois durablement humide, dans l’obscurité et un air confiné. Il y a toujours une cause : fuite lente, ancien dégât des eaux, gouttière percée, humidité qui remonte du sol, ou rénovation qui a rendu la maison étanche sans prévoir de ventilation. Les signes qui la trahissent sont décrits dans mérule : les signes qui doivent alerter.

Comment on la traite, étape par étape

Schéma en cinq étapes : couper l’eau, ouvrir et délimiter, retirer les bois atteints avec une marge, traiter les murs par injection, ventiler et contrôler. Sans la première étape, les quatre suivantes ne servent à rien.

  1. Supprimer la source d’humidité, puis assécher. C’est la condition de tout le reste : tant que le champignon trouve de l’eau, il revient.
  2. Ouvrir et délimiter. Doublages, plinthes, planchers sont déposés pour suivre les filaments jusqu’au bout. Ce qu’on voit n’est souvent qu’une partie de l’attaque.
  3. Retirer les bois et matériaux atteints, avec une marge au-delà de la dernière trace visible, souvent de l’ordre d’un mètre. Ils sont évacués sans être dispersés dans la maison.
  4. Traiter les maçonneries. Les filaments traversent les joints : les murs sont percés et injectés d’un produit fongicide — qui tue les champignons —, et les surfaces pulvérisées, sur une zone plus large que l’attaque.
  5. Traiter les bois conservés, ventiler, contrôler. Les pièces remplacées le sont par des bois traités, et on ne referme rien avant d’être sûr que tout est sec.

L’entreprise qui applique ces produits doit détenir le certificat Certibiocide (arrêté du 9 octobre 2013 modifié). Évitez de brosser le champignon à sec ou de l’arroser de javel : vous dispersez les spores sans atteindre ce qui est dans les murs. Et la présence de mérule se déclare en mairie, partout en France (article L126-5 du Code de la construction et de l’habitation).

À retenir

La mérule n’est pas reconnue comme toxique, mais l’humidité et les moisissures qui l’accompagnent peuvent gêner la respiration : aérez, isolez la pièce, voyez un médecin en cas de symptômes. Côté maison : couper l’eau, délimiter, retirer avec une marge, traiter les murs, puis contrôler avant de refermer.

Le testMa charpente est-elle attaquée ?Quelques questions, une minute : ce qu’il faut faire dans votre cas.

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